Serons-nous la génération qui met fin à l’industrie de la bile d’ours?

29 août 2017

L’exploitation de la bile d’ours, un produit aux propriétés médicinales douteuses, est l’une des formes d’élevage les plus cruelles au monde.

By Gilbert Sape, head of our bears and traditional medicine campaign

Après 14 années de travail intense, nous pourrions devenir la génération qui met fin à la souffrance, aussi intolérable qu’inutile, de ces animaux majestueux, car le vent tourne sous la pression de l’opinion des gouvernements, des thérapeutes et du public.

Plus de 20 000 ours croupissent en Asie, affamés, déshydratés et atteints de multiples maladies. En captivité forcée dans de minuscules cages, ils subissent une douleur intense et une détresse psychologique profonde pour fournir la bile utilisée en médecine traditionnelle.

Attention, l’image est lugubre : pour extraire la bile, il faut la prélever en leur perforant la vésicule à l’aide de tubes, ou la laisser s’écouler en leur perforant l’abdomen, une méthode atrocement douloureuse, à court et long terme.

La bile d’ours servirait à traiter les abcès, les hémorroïdes, l’épilepsie et les kystes. Bien qu’aucune preuve ne justifie cette croyance et qu’il existe des substituts à la bile, synthétiques ou à base de plantes, l’industrie continue de prospérer depuis 36 ans, appuyée par le braconnage. Pendant ce temps, le nombre d’ours vivant à l’état sauvage est en chute libre.

Malgré cette situation désolante, le vent commence à tourner.

Les spécialistes en médecine traditionnelle se questionnent de plus en plus sur la validité de la bile d’ours. Selon un récent sondage mené en Corée du Sud auprès de professionnels en médecine traditionnelle, 93,3% des répondants sont d’avis que les gens prennent de la bile d’ours par superstition. Ils remettent aussi son innocuité en question et ont pour la plupart déjà prescrit certains substituts de la bile.

Autre bonne nouvelle, l’achèvement récent d’un programme de stérilisation en Corée du Sud mettra fin à l’élevage des ours en captivité pour leur bile.

Comme tous les ours d’élevage ont été stérilisés, le programme éliminera, à terme, l’élevage des ours en captivité puisqu’aucun nouvel ours y naitra. Dans les élevages actuels, les ours qui restent seront les derniers à souffrir pour leur bile.

Nous avons milité sans relâche avec notre partenaire Green Korea United (GKU), et collaboré avec le gouvernement de la Corée du Sud et les éleveurs d’ours pour accomplir ce changement historique. Les Sud-Coréens se sont aussi investis sans compter depuis 2005, en organisant des évènements et activités de sensibilisation pour faire chuter la demande en bile.

Ce dont la Corée du Sud a besoin maintenant c’est de développer un plan de gestion pour les ours qui sont toujours en captivité. Il faut aussi s’assurer de rester sur la bonne voie et de réellement mettre fin à l’industrie de la bile d’ours en Corée du Sud en 2024.

Nous pourrions être la dernière génération à voir des ours souffrir inutilement, sous l’une des pires formes d’exploitation de la planète. Il faut maintenir le dynamisme de cette campagne et continuer de mettre toute la pression pour en finir avec cette industrie barbare.

La balle est maintenant dans la cour des autres pays impliqués dans cette industrie. Ils doivent prendre leurs responsabilités et suivre l’exemple de la Corée du Sud.

Protection mondiale des animaux et GKU ont élaboré pour ces pays un cadre de travail et des recommandations; ils leur ont tracé la voie à suivre dans un livre blanc. Si la Corée du Sud a  réussi à le faire, les autres pays le peuvent aussi.

Notre campagne avec GKU : la Corée du Sud fait un grand pas pour éliminer l’industrie de la bile

En Chine, 84% des gens sondés espèrent voir interdire cette industrie, et plus de 90% accepteraient de contribuer à mieux protéger les ours.

À la session parlementaire annuelle de l’Assemblée populaire nationale de la Chine, les législateurs de Hong Kong ont formulé une proposition visant à interdire l’élevage commercial des ours pour la bile.

On peut donc entrevoir un avenir où il sera possible de travailler avec des organisations, des gouvernements et des éleveurs d’ours pour faire cesser cette pratique une fois pour toutes. Nous avons déjà assisté au changement qu’entraine une campagne assidue, et nous devons continuer à faire pression sur les gouvernements pour que les ours n’aient plus à souffrir en captivité pour leur bile, et qu’ils soient enfin laissés en paix dans la nature, dont ils font partie.

Pour en savoir davantage sur notre campagne pour mettre fin à l’industrie de la bile d’ours.

Plus de 20 000 ours croupissent en Asie, affamés, déshydratés et atteints de multiples maladies. En captivité forcée dans de minuscules cages, ils subissent une douleur intense et une détresse psychologique profonde pour fournir la bile utilisée en médecine traditionnelle.
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