Trois choses que vous devez savoir sur les zoos amateurs de l’Ontario

15/05/2024

Aimeriez-vous en savoir plus sur la situation des zoos amateurs en Ontario? Continuez votre lecture!

Par Michèle Hamers, gestionnaire de campagne pour les espèces sauvages 

Les zoos amateurs sont typiquement de petites installations sous-réglementées qui gardent des animaux sauvages en captivité dans des conditions dégradantes, ce qui entraîne d’immenses préoccupations quant à leur bien-être, le tout au nom du divertissement. 

Voici les trois principaux aspects des zoos amateurs qui les rendent problématiques : 

1. Comment reconnaître un zoo amateur? 

Environ 70 % des installations qui gardent des animaux sauvages exotiques en Ontario peuvent être décrits comme des zoos amateurs, mais qu’est-ce qui les différencie d’un zoo public axé sur un niveau élevé de bien-être? Il existe quelques façons relativement simples de reconnaître un zoo amateur : 

i. Il permet de nourrir des animaux sauvages sans supervision, de les toucher ou d’interagir étroitement avec eux. Ces zoos normalisent les interactions avec des animaux sauvages, par exemple en publiant des photos de membres de leur personnel qui les tiennent, les serrent dans leurs bras ou les caressent. 

Il est mal avisé d’interagir avec un animal sauvage, que ce soit dans son habitat naturel ou dans un zoo. Certains animaux comme les tigres, les ours et les crocodiles sont dangereux et peuvent blesser gravement ou même tuer une personne. 

Comme l’alimentation des animaux gardés dans un zoo devrait être saine et stable, il est problématique de nourrir ces derniers sans supervision. Quand le public peut nourrir les animaux, ces derniers se retrouvent facilement en surpoids. La situation peut aussi entraîner des conflits au sein d’un groupe d’animaux, car ils devront probablement se faire concurrence pour obtenir de la nourriture.  

Guests directly interacting with and feeding wild animals

Des gens qui interagissent avec des animaux sauvages et les nourrissent. (Photo : Sasha Rink / World Animal Protection)

Enfin, permettre des interactions avec des animaux sauvages en captivité représente un manque d’éducation. Les responsables de l’application de la loi sur la faune et les gouvernements tentent d’enseigner au public que les animaux sauvages ne doivent pas être approchés ou nourris dans les villes et les parcs pour leur sécurité et celle des gens. Le comportement des zoos amateurs contrevient directement à ce message. 

ii. La plupart des animaux sauvages n’ont pas l’occasion de se cacher du regard du public.

Les animaux sauvages, qui évitent généralement la proximité étroite avec les humains dès qu’ils en ont la possibilité, devraient avoir le choix d’être ou non à la vue du public. Et nous ne considérons pas les petites boîtes intérieures auxquelles ces animaux peuvent avoir accès comme un choix. Un animal devrait pouvoir se reposer, manger, dormir, jouer et faire tout ce qu’il veut hors de la vue des gens. Beaucoup de ces installations placent stratégiquement la nourriture et l’eau dans des emplacements qui forcent les animaux à être vus du public et limitent les lieux où ces derniers peuvent se cacher pour les rendre visibles en tout temps.

A jaguar in a roadside zoo

(Photo : Sasha Rink / World Animal Protection)

Notre rapport Nothing new at the zoo (en anglais seulement) documente 11 zoos amateurs sur un total d’environ 30 à l’échelle de l’Ontario. Vous pouvez le consulter pour découvrir des exemples d’animaux gardés dans des conditions inappropriées. 

iii. Toutes les cages et les enclos sont semblables. 

Les zoos amateurs ont une approche à l’emporte-pièce du logement des animaux sauvages, qui vivent souvent dans des enclos de taille similaire avec le même substrat, les mêmes bols pour l’eau et la nourriture et les mêmes structures pour grimper. Cette approche est facile et peu coûteuse pour les propriétaires de zoo. Lorsqu’une cage ou un enclos est vide (en raison de la vente ou de la mort d’un animal), y en installer un autre, peu importe son espèce, ne demande aucun effort. Mais comme vous pouvez l’imaginer, chaque espèce et animal pris individuellement a ses besoins et ses préférences propres.  

Par exemple, un macaque japonais provient d’un environnement très différent de celui d’un lémur catta de Madagascar, mais leurs besoins individuels ne sont souvent pas pris en compte dans la conception de leur enclos. 

A Snow monkey enclosure at a roadside zoo
A Ring-tailed lemur enclosure at a roadside zoo

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