La vie à la ferme : nos espérances et la réalité

09 avril 2019

Les traits qui font la beauté et l’intelligence du porc disparaissent quand on le traite comme de la marchandise

Écrit par Cameron Harsh, directeur des campagnes sur l’élevage porcin, pour Protection mondiale des animaux, É-U.

On imagine souvent la ferme comme un grand espace ouvert où les animaux se baladent à leur gré et sont élevés heureux et en santé. 

Or, pour des millions de porcs et d’autres animaux d’élevage, la réalité est bien plus sombre.  

Voyons comment nos espérances liées aux élevages traditionnels se comparent à la réalité en élevage industriel.

Nos espérances : il passe sa journée à chercher de la nourriture

Oui, le porc préfère travailler pour se nourrir! Méticuleux de nature, il peut résoudre des problèmes complexes. Aussi, il adore chercher sa nourriture pendant la journée avec son puissant museau.

Cette activité le stimule; c’est pour lui la façon la plus saine de manger et de digérer. 

La réalité : il est nourri en quelques minutes

En élevage industriel, les aliments lui arrivent sous forme de granulés, en une seule grande ration quotidienne, qu’il avale habituellement en 15 minutes.

Il est souvent nourri à même le sol de béton, sans aucune matière à explorer.

Cette façon de se nourrir n’est pas du tout naturelle et explique en partie pourquoi le porc s’ennuie, et pourquoi il est stressé et en mauvaise santé.

Nos espérances : il vit dans le confort d’un environnement collectif

Le porc est un être très sensible, émotif et empathique. Il aime ses proches au point que, comme animal de compagnie, il vit même un deuil quand il perd un membre de sa famille humaine.

Dans les élevages à haut niveau de bien-être et à loges ouvertes, on voit souvent les truies mères relaxer ensemble dans le confort de la paille. Ce sont ces comportements sociaux qui rendent le porc si unique!

La réalité : il est traité avec brutalité

En élevage industriel, le porc est brutalisé et vit dans la douleur.

Les horribles mutilations que subit le porcelet, souvent sans anesthésie, comme la castration ou la coupe de la queue, font partie les pires pratiques et sont profondément douloureuses et traumatisantes.

Ces pratiques inutiles, qui découlent du manque d’espace en milieu industriel, font monter leur niveau de stress, de tension et d’agressivité, et poussent les porcs adultes à se battre entre eux.

Imaginez qu’on vous laisse dans une petite cage nauséabonde, bondée de monde, sans liberté ni stimulation… Disons simplement que la situation dégénèrerait assez vite.

Nos espérances : la truie mère prend soin de ses petits

La truie mère a l’instinct maternel très développé.

Quand ses petits naissent, elle les surveille de près et tisse avec eux des liens étroits. Souvent elle pousse des grognements pour leur indiquer quand elle fait une montée de lait, un grognement qui change de rythme à mesure que le lait monte, de sorte que les porcelets savent qu’il est temps de manger.

Au bout de 24 heures, les nouveau-nés auront déjà choisi leur propre tétine et y retourneront à chaque tétée. Les porcelets de 36 heures reconnaissent déjà la voix unique de leur mère. Quand ils l’entendent grogner, ils se rassemblent et vont boire à leur tétine préférée. Ces grognements servent aussi à empêcher les porcelets d’aller téter la mauvaise mère.

La réalité : la mère et ses petits sont séparés par des barreaux d’acier

La truie gestante d’élevage industriel vit à l’étroit dans une petite cage (ou stalle de gestation) où elle peut à peine bouger. Pour un animal aussi sensible, c’est une profonde cause de stress, d’inconfort et de souffrance. 

Et sa souffrance se prolonge après la mise bas. La truie mère est alors placée dans une loge de mise bas (en acier), qui restreint encore ses mouvements. Elle peut voir ses petits sans pouvoir les toucher ni en prendre soin.

Nos espérances : le porcelet joue et se balade librement

Le porc a besoin de beaucoup d’espace et de matières pour être stimulé, heureux et en bonne santé. La paille, la corde, les jouets et la socialisation sont essentiels à son bonheur.

La réalité : il vit enfermé dans un environnement stérile

Le porc industriel vit entassé dans un enclos stérile, au sol dur et inconfortable, qui rend son repos douloureux. 

En règle générale, le sol est fait de lattes; le porc défèque donc dans le même sol où il passe ses journées.

Ce manque de stimuli et ce milieu insalubre provoquent un comportement anormal et favorisent la propagation d’infections et de maladies.

Pour transformer la réalité des élevages industriels

Des millions de porcs vivent dans ces conditions malsaines. Nous travaillons à alléger les pires souffrances qui leur sont infligées dans le confinement étroit et le milieu stérile des systèmes de production industriels. 

Cette année, commençons vraiment à Bien traiter nos porcs.

Faites passer le mot: