Aerial view of a large chicken farm sitting partially submerged in the flood waters in Abbotsford, BC, 2021.

Les inondations d’Abbotsford révèlent un système qui, une fois de plus, laisse tomber les animaux

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Quatre ans plus tard, une nouvelle inondation à Abbotsford révèle une grave lacune : les animaux d’élevage sont exclus de la planification climatique et des mesures d’urgence.

En décembre 2025, quatre ans après les inondations dévastatrices de novembre 2021, la ville d’Abbotsford a de nouveau été inondée. 

Alors que de fortes pluies s’abattaient sur la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, des ordres d’évacuation ont été donnés, les routes ont disparu sous les eaux et les fermes ont à nouveau été inondées. Pour les animaux d’élevage piégés dans les étables, il ne s’agissait pas d’une simple urgence, mais de la répétition d’une tragédie que nous savions déjà comment prévenir. 

En 2021, une rivière atmosphérique a submergé les fermes de la prairie Sumas d’Abbotsford, l’une des régions agricoles les plus productives de la province. Des centaines de vaches, des dizaines de milliers de porcs et plus de 600 000 poulets et dindes se sont noyés dans l’eau. Lors des dernières inondations, ce sont les élevages de volailles qui ont été le plus durement touchés, avec plus de 175 000 oiseaux morts

Il ne s’agit pas d’événements exceptionnels. Il s’agit du résultat prévisible d’un système qui enferme des dizaines de milliers d’animaux dans des installations surpeuplés, sans aucun moyen réaliste de les évacuer en cas de catastrophe. 

A farm sits partially submerged in water from the Abbotsford, BC floods in November of 2021.
Une exploitation agricole est partiellement submergée par les eaux à la suite des inondations observées à Abbotsford, en Colombie-Britannique, en novembre 2021. (Nick Schafer Media/We Animals)

Les raisons pour lesquelles les plans en prévision de catastrophes échouent pour les animaux 

Après les inondations de 2021, Protection mondiale des animaux a commandé une étude sur la manière dont les catastrophes climatiques affectent les animaux d’élevage et sur les raisons pour lesquelles les plans en prévision de catastrophes existants échouent lorsqu’ils sont le plus nécessaires.  

À la suite de la publication du rapport, nous avons utilisé les conclusions du rapport afin d’entamer un dialogue sur la résilience climatique, la planification des mesures d’urgence et l’avenir de la protection des animaux d’élevage au Canada avec de petits exploitants agricoles, des partenaires et des responsables politiques. 

Les conclusions sont claires : les lignes directrices en matière de gestion des catastrophes ne tiennent pas compte de l’ampleur de l’agriculture industrielle. L’évacuation de milliers d’animaux nécessite du temps, des moyens de transport, de la main-d’œuvre et une destination sûre, des éléments qui n’existent pas en cas d’inondation rapide. Par conséquent, les animaux sont souvent « mis à l’abri sur place », ce qui peut signifier noyade, suffocation, stress thermique ou blessures non soignées. 

En bref, c’est le système lui-même qui crée le risque. 

Parallèlement, les petits exploitants agricoles qui investissent dans des pratiques agricoles plus résilientes et plus productives ne sont pas récompensés financièrement pour leurs pratiques proactives d’adaptation aux changements climatiques et ne sont pas toujours en mesure de bénéficier d’une aide en cas de catastrophe pour leurs pertes. 

Voir le rapport (en anglais seulement)

Les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus graves au fur et à mesure que le climat change, la reconstruction des mêmes systèmes avec les mêmes vulnérabilités garantit que les animaux souffriront à nouveau lors de la prochaine catastrophe. 

Ce qui doit changer 

Si nous voulons vraiment protéger les animaux, nous devons aller au-delà de l’intervention d’urgence et nous attaquer aux causes profondes de cette souffrance. 

Cela signifie qu’il faut réduire la dépendance à l’égard de l’agriculture industrielle, qui est l’un des principaux facteurs de la crise climatique.  

Nos recommandations au gouvernement fédéral : 

  • Exiger que les animaux soient inclus dans les stratégies de préparation aux catastrophes, d’intervention et de réduction des risques. 
  • Soutenir le développement de modèles d’intervention axés sur la communauté en finançant l’équipement et en fournissant l’autorisation légale d’intervenir. 
  • Aider les agriculteurs et agricultrices à s’adapter aux changements climatiques et à abandonner les pratiques agricoles intensives. 
  • Exiger des agriculteurs et agricultrices qu’ils et elles respectent certaines conditions lors de la reconstruction afin de bénéficier d’aide en cas de catastrophe.  
  • Récompenser les agriculteurs et agricultrices qui utilisent des pratiques agricoles durables, résilientes et respectant des normes de bien-être élevés (par exemple, des pratiques agricoles régénératives et agroécologiques).  

Le choix est clair : continuer à accepter la souffrance animale comme étant inévitable ou changer les systèmes qui la causent. 

Les agriculteurs et agricultrices sont en première ligne de la crise climatique et ont besoin de plus de soutien pour s’adapter aux urgences climatiques de plus en plus fréquentes et graves. Nous ne pouvons toutefois plus ignorer que l’agriculture industrielle contribue de manière significative à la crise climatique. Ce système rend les animaux plus vulnérables et les expose à une mort lente et atroce en cas d’inondations, de vagues de chaleur, d’incendies de forêt et d’autres urgences climatiques.  

Les animaux d’élevage ne doivent pas être les dommages collatéraux de catastrophes climatiques prévisibles.  

Nous savions que cela se produirait. Nous devons maintenant agir pour éviter que cela ne se reproduise. 

Que pouvez-vous faire?

Demandez à votre député ou députée de plaider en faveur d’un financement fédéral pour aider les agriculteurs et agricultrices à s’adapter aux changements climatiques en abandonnant l’agriculture industrielle au profit de pratiques plus humaines, durables et résilientes. (Trouvez votre député ou députée et ses coordonnées ici

Source de la photo de la bannière : Vue aérienne d’un grand élevage de volailles partiellement submergé par les eaux de crue à Abbotsford (Colombie-Britannique), 2021. (Nick Schafer Media/We Animals) 

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