Un ours dansant rescapé, et transféré en secret, connait une fin tragique dans un zoo aux conditions douteuses

15 mars 2018

En décembre, nous avons participé à la libération de Rangila et Sridevi, les deux derniers ours dansants au Népal. Aujourd'hui, nous sommes sidérés d’apprendre qu’ils ont été transférés dans un zoo aux conditions douteuses, où Sridevi est morte. Nous demandons au gouvernement d’expliquer pourquoi les ours y ont été transférés et de nous assurer que Rangila, le survivant, sera protégé.

À la fin de 2017, nous avons participé, avec l'Institut Jane Goodall du Népal et la police népalaise, à la libération de deux ours, qui vivaient dans l’horreur du monde des ours dansants. Ils étaient forcés d’amuser le public et en souffraient énormément.

Lors des pourparlers avec les autorités népalaises et indiennes, avant et pendant leur sauvetage, le Wildlife SOS Bear Sanctuary, à Agra, en Inde, fut ciblé comme le meilleur endroit pour leur prodiguer des soins à vie. Mais, les ours ne sont jamais arrivés au sanctuaire. S’ils l’avaient été, Sridevi serait probablement toujours vivante.

Rangila et Sridevi ont plutôt été transportés au zoo de Jawalakhel sous l’autorisation du ministère népalais des Parcs nationaux et de la conservation de la faune (DNPWC).

Ce zoo est critiqué pour ses piètres conditions de vie et la mauvaise qualité de ses soins.

Rangila, derrière les barreaux au zoo central de Jawalkhel.

Notre conseiller principal sur la faune, Neil D’Cruz est inquiet : « Nous sommes atterrés d’apprendre la mort de Sridevi. Notre récent sauvetage visait à lui offrir une vie sans cruauté ni captivité, et son bien-être était notre priorité. Nous pensions qu’elle passerait le reste de sa vie à l’abri du danger dans un milieu sain. »

Le transfert des ours s’est décidé sans que nous ou le Jane Goodall Institute ayons été consultés. Nous ignorons pourquoi, quand et comment les deux ours ont été transférés du parc national de Parsa au zoo de Jawalakhel. Le gouvernement ne nous a encore révélé cette information ni expliqué la cause de la mort de Sridevi.

« Aujourd’hui, poursuit Neil D’Cruz, nous enquêtons d’urgence sur ce qui lui est arrivé et exigeons des autorités concernées qu’elles s’assurent de veiller à ce que le survivant, Rangila, soit rapidement transféré dans un sanctuaire spécialisé en Inde. »

Des conditions inacceptables pour Rangila

Le gouvernement du Népal se dit satisfait de la situation de Rangila. Or, dans de récentes images vidéo de Rangila, au zoo de Jawalkhel, on le voit faire les cent pas et dodeliner de la tête, deux signes évidents de traumatisme psychologique.

Rangila, derrière les barreaux au zoo central de Jawalkhel.

Ce qui nous inquiète, c’est que le zoo n’est pas en mesure de fournir à Rangila les soins dont il a besoin. Les conditions de vie au zoo sont aux antipodes de ce qu’il aurait eu au sanctuaire indien.

Manoj Gautam, de l’Institut Jane Goodall au Népal, explique : « Au sanctuaire d’Agra, qui est conçu pour accueillir les ours, il y a des vétérinaires et des gardiens; les ours viennent y passer le reste de leurs jours sous une bonne protection.

« De son côté, le zoo central de Katmandu offre des installations surpeuplées et des soins de piètre qualité. Nous sommes horrifiés de voir le destin de ces ours prendre un tel tournant. »

Le gouvernement du Népal doit agir maintenant

Avec l’Institut Jane Goodall, nous gardons contact avec les responsables au DNPWC.

Ils nous ont dit qu’ils s’adresseraient au ministère des Forêts et de la conservation des sols afin de faire approuver le transfert de Rangila au sanctuaire indien. Ce qui nous inquiète, c’est que le processus pourrait être retardé par les récentes élections au Népal, qui ont jeté un flou sur les rôles clés au sein du ministère.

Nous demandons aux autorités du Népal et de l’Inde de signer sans tarder les approbations qui permettront à Rangila de traverser la frontière et d’être transféré là où il recevra les soins et la protection qu’il mérite.

Nous n’accepterons pas que Rangila connaisse le même sort que Sridevi. Le gouvernement népalais doit agir au plus vite pour assurer sa sécurité.

Pour en savoir plus sur le sauvetage de Rangila et de Sridevi, cliquez ici.

« Nous pensions qu’elle passerait le reste de sa vie à l’abri du danger dans un milieu sain. »
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