Superbactéries dans le porc des marchés, en Espagne, en Thaïlande et au Brésil

18 décembre 2018

Notre enquête a démontré comment l’utilisation excessive d’antibiotiques en élevage industriel renforce un système dysfonctionnel

Dans les rayons des supermarchés, en Espagne, en Thaïlande et au Brésil, nous avons trouvé du porc contenant des superbactéries, ces bactéries qui résistent aux antibiotiques essentiels à l'humain.

Cette découverte prouve encore une fois que l’usage excessif d’antibiotiques chez les animaux d'élevage contribue à la prolifération de superbactéries, comme le reconnaissent l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ONU.

Dans nos aliments, les superbactéries peuvent provoquer des intoxications alimentaires ou sanguines, des infections urinaires ou même la mort.

On estime que les superbactéries causent 700 000 décès chaque année.

Cliquez ici pour lire le rapport (en anglais).

Des pratiques peu respectueuses du bien-être

L’usage systématique d’antibiotiques en élevage industriel, qui ne fait que compenser les carences en salubrité, favorise l’éclosion de superbactéries résistantes aux antibiotiques.

On administre des antibiotiques aux animaux que les méthodes de production industrielle intensive rendent malades. Dans les élevages favorisant le bien-être, les antibiotiques sont moins nécessaires car les animaux tombent moins souvent malades. Les pratiques d’élevage favorisant le bien-être réduiront donc l’usage préventif d’antibiotiques.

Photo : Truies gravides vivant dans des petites cages (ou stalles de gestation) sans aménagement, où elles peuvent à peine bouger. Ces cages, qui créent beaucoup de stress, d’inconfort et de souffrance, sont encore utilisées dans de nombreux pays. La mousse autour de la gueule est un signe que la truie mastique à vide ou qu’elle mord ses barreaux en réaction à un comportement naturel inhibé et un régime alimentaire restreint. (Photos provenant d’un lieu non divulgué, en Amérique latine).

Antibiotiques et élevage industriel

75 % des antibiotiques dans le monde sont consommés en élevage industriel, avec les porcheries en tête de liste. Leur usage systématique est souvent associé à des pratiques peu respectueuses du bien-être des animaux.

Si le recours aux antibiotiques dans l’industrie canadienne du bétail a diminué au cours des dernières années, ils sont encore couramment administrés à des fins préventives ou pour stimuler la croissance.

Josey Kitson, notre directrice générale, explique : «Nous espérons que la loi, entrée en vigueur le 1er décembre et forçant les éleveurs à obtenir leurs antibiotiques sous ordonnance, réduira le recours irrationnel aux antibiotiques chez les animaux d’élevage. Mais, il est aussi essentiel d’améliorer les conditions d’élevage pour que les animaux vivent dans des environnements plus sains et moins stressants. »

Voici quelques-unes des pratiques cruelles qu’on voit généralement dans les élevages de porcs peu respectueux de leur bien-être; elles entrainent des vies de souffrance et un usage excessif d’antibiotiques :

  • Les porcelets sont séparés de leur mère beaucoup trop tôt.
  • Les truies mères servent d’usines à porcelets; elles sont gardées dans des cages d’acier de la taille d’un frigo où elles ne peuvent se retourner.
  • Les porcelets sont cruellement mutilés – queue coupée, dents limées ou coupées et oreilles entaillées, souvent sans analgésique. Dans plusieurs pays, les porcelets mâles sont systématiquement castrés.
  • Les porcs vivent entassés dans des entrepôts sombres et misérables, forcés de se coucher dans leurs propres excréments.

Ces conditions lugubres, imposées par les producteurs porcins, sont un terreau fertile pour les infections. Au lieu d'améliorer le bien-être de leurs porcs, les producteurs les gavent d’antibiotiques pour les empêcher de tomber malades, ce qui favorise l’éclosion de nouvelles souches de superbactéries.

Les supermarchés doivent agir

Nous demandons aux supermarchés du monde entier d'améliorer la vie des porcs en ne s’approvisionnant qu’auprès des élevages respectueux de leur bien-être.

Jacqueline Mills, directrice de notre campagne Nos porcs méritent d'être bien traités, décrit la situation: «Nous avons testé des produits de porc pour voir comment l’industrie contribue aux superbactéries, et pour le démontrer aux supermarchés dans le but de les inciter à prendre leurs responsabilités en vendant du porc «bien traité».

«Dans les conditions de l’élevage industriel, les porcs souffrent énormément et sont stressés, ce qui mène à un usage excessif d’antibiotiques. Mais il existe de meilleures façons de faire. Les supermarchés doivent demander à leurs fournisseurs d’améliorer les conditions de vie de leurs porcs.»

Notre travail: pour un meilleur avenir en agriculture

Avec les producteurs, nous veillons à développer des systèmes au bien-être amélioré, sans mutilation, où les porcs vivent en groupes sociaux, dans des espaces enrichis leur permettant d’exprimer leur comportement naturel.

Cliquez ici pour découvrir notre travail auprès des animaux d'élevage.

Cliquez ici pour lire le rapport complet sur le porc et les superbactéries (en anglais).

Photo : Porcs vivant en groupe dans un environnement enrichi de litière profonde, dans un élevage intérieur au bien-être amélioré, en Angleterre.

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