Piège fatal : des filets à la dérive plus abondants que jamais

29 mars 2018

La santé de nos océans et de la faune marine est en péril. De nouvelles études suggèrent qu’il est urgent d’agir pour endiguer le problème.

Selon le nouveau rapport (en anglais) de Laurent Lebreton, océanographe pour la fondation Ocean Cleanup, le problème des déchets marins est beaucoup plus grave qu’on ne l’avait estimé.

Le « vortex de déchets du Pacifique » (ou septième continent), un tourbillon où s’accumulent les débris, est de 4 à 16 fois plus important qu’on le croyait et fait trois fois la taille de la France. Il compte environ 1 800 milliards de débris agglutinés en bancs.

Vortex de déchets et pêche fantôme

Les engins de pêche à la dérive, ou filets fantômes, représentent près de la moitié du poids total des débris du vortex.

Depuis les années 1960, les engins de pêche sont faits de matériaux très résistants, surtout de plastique, et peuvent piéger les animaux pendant 600 ans. Ils finissent par se dégrader en microplastiques et peuvent entrer dans la chaine alimentaire.

Beaucoup à apprendre

Jusqu’à récemment, le problème de la pêche fantôme est resté mal compris. Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) de 2009, 640 000 tonnes d’engins de pêche aboutissaient dans l’océan chaque année. Or, de nouvelles études avancent des chiffres beaucoup plus inquiétants.

La pêche fantôme a aussi un immense impact sur la faune. Notre récent rapport, Ghosts beneath the waves, (Fantômes sous les vagues, en anglais) parle de 136 000 baleines, phoques, otaries, tortues et dauphins piégés chaque année par les engins de pêche, qui piègent et tuent une foule d’autres poissons, oiseaux et crustacés.

71 % des prises accidentelles sont l’œuvre d’engins de pêche à la dérive, qui affectent aussi 45% de toute la faune marine figurant sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Les engins de pêche sont conçus pour piéger la faune marine, et continuent de le faire longtemps après qu’ils aient été abandonnés.

Tout bon pêcheur tient à ses équipements. Hélas, il leur arrive de les perdre.

Un triste impact sur la vie marine

Quand les baleines, les tortues et les dauphins sont piégés par les engins à la dérive, ils peuvent gravement se blesser et souvent les trainer pendant des kilomètres avant de mourir noyés de fatigue.

Chez certains oiseaux, tortues et baleines, la quantité de plastique ingérée constitue les trois quarts de leur diète, ce qui les mène à une mort lente et pénible.

Une solution mondiale

Nous avons fondé la Global Ghost Gear Initiative (GGGI) en 2015 pour réunir tous les acteurs, notamment l’industrie de la pêche, et nous attaquer au problème à l’échelle mondiale.

Depuis trois ans, l’alliance s’est étendue à 68 organisations participantes. Elle bénéficie de l’appui de 12 gouvernements et d’organismes comme la Direction générale des affaires maritimes et de la pêche (UE), et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

En mars 2018, nous avons vu l’une des plus grandes pêcheries du monde, la Thai Union, se joindre à la GGGI pour combattre la pollution des océans.

De plus, la GGGI, avec toutes les expertises qu’elle combine, teste des solutions, les met à l’échelle et les reproduit. Elle met l’accent sur les 3R : retirer, réduire et recycler, pour empêcher d’autres engins d’aboutir dans les océans.

Pour réaliser un changement en profondeur, il faut adopter une approche concertée, à tous les niveaux. Ce n’est qu'en collaborant aux niveaux local, régional et mondial qu’on pourra vaincre ces « fantômes sous les vagues » et protéger nos océans et la vie qu’ils abritent.

Découvrez notre campagne Changements en profondeur.

 

Some birds, turtles and whales eat so much plastic, it makes up around three-quarters of their diet, causing them to die slow and painful deaths.
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