Parlons de tours et spectacles d’éléphants à l’African Lion Safari

29 juillet 2019

Plus tôt ce mois-ci, nous avons demandé à nos sympathiques supporteurs d’écrire à l’African Lion Safari et au gouvernement d’Ontario pour leur demander de mettre fin aux tours et spectacles d’éléphants.

Cette campagne a reçu un appui énorme et des commentaires très positifs. Vous étiez plus de 7700 à transmettre une cyberlettre; et nous avons reçu une foule de questions et de commentaires auxquels nous tenons à répondre.

Pourquoi demander à l’African Lion Safari d’arrêter les tours et spectacles d’éléphants?

La décision de lancer notre campagne de cyberlettre faisait suite à notre étude mondiale sur les activités contraires aux politiques des zoos professionnels, suivie de deux visites de terrain à l’African Lion Safari, soit à la fin mai et au début juin 2019.

Notre recherche menée avec l’Unité de recherche sur la conservation de la faune sauvage (WILDCRU) a révélé que les tours à dos d’éléphant sont parmi les activités touristiques les plus cruelles, en raison de l’immense souffrance physique et psychologique que subit l’éléphant.

On peut être surpris d’apprendre que pour pouvoir laisser les gens approcher les éléphants, les toucher, les baigner et les monter, les zoos doivent les dresser très cruellement à craindre l’humain et à obéir aux commandes. Si les méthodes de dressage varient d’une région du globe à l’autre, elles impliquent souvent l’isolement, la contrainte physique, la douleur intense et la privation d’eau et de nourriture. Au moment où les touristes peuvent le monter, l’éléphant peut sembler paisible, mais c’est parce qu’il a l’esprit cassé. On s’est servi d’un crochet sur ses endroits sensibles pour lui infliger de la douleur et de la pression, et l’éléphant a appris à l’éviter ou à en subir les conséquences. Ce n’est ni de la confiance ni de la coopération. Les éléphants promènent les gens pour éviter d’être battus. Le crochet leur rappelle le supplice qui les attend s’ils désobéissent aux ordres.

Le dressage est nécessaire lorsqu’il n’y a aucune barrière entre l’éléphant et les humains (gestion du « contact libre »), car l’éléphant est dangereux et peut gravement blesser ou tuer, et c’est arrivé. Il faut donc recourir au renforcement négatif (et positif) pour établir la dominance humaine et assurer la sécurité des dresseurs et des visiteurs près d’un éléphant. Cela implique aussi qu’il faut le punir lorsqu’il désobéit aux ordres.

C’est pourquoi tant de zoos se tournent vers la gestion des éléphants par « contact protégé », où il y a toujours une barrière entre le gardien, les visiteurs et les éléphants.

Bien qu’il puisse sembler étrange vu sa taille, l’éléphant souffre physiquement et peut se blesser à la colonne vertébrale quand il promène des gens sur son dos. Il ne peut supporter notre poids comme le cheval : ses vertèbres longues, minces et arquées peuvent se fracturer.

N’y a-t-il pas de règlements contre la cruauté envers les animaux dans les zoos canadiens?

La façon dont le Canada traite la cruauté dans les zoos varie d’une province à l’autre. Par exemple, l’Ontario n'exige aucun permis pour garder des animaux exotiques dans les zoos et les foires d’animaux sauvages, et les normes relatives aux animaux sauvages captifs en vertu de la Loi sur la SPCA de l’Ontario sont inadéquates et mal appliquées.  

La cruauté physique envers les animaux peut être facile à repérer quand il y a des témoins. Mais, la violence que subit un éléphant pendant son dressage n’est jamais montrée en public. Il peut en garder des séquelles psychologiques graves et en porter des cicatrices invisibles.

Si l’association Aquariums et Zoos Accrédités du Canada (AZAC) a établi des normes à suivre par ses membres accrédités, elle laisse à l’industrie des zoos le soin de s’autodiscipliner, et notre nouveau rapport démontre que ces derniers ne respectent pas leurs propres règles et normes.

Les zoos membres de l’Association mondiale des zoos et aquariums et accrédités par Aquariums et Zoos Accrédités du Canada (AZAC), ne sont-ils pas tenus de respecter les normes de bien-être animal?

Malheureusement, l’accréditation ne garantit pas toujours l’application des meilleures pratiques.

Notre recherche approfondie des sites liés à l’Association mondiale des zoos et aquariums et accrédités, ou World Association of Zoos and Aquariums (WAZA) en anglais, a fait ressortir l’horrible cruauté que subissent les animaux pour le divertissement. Des tigres et des lions qu’on force à performer. Des dauphins qu’on chevauche. Des éléphants qui font des spectacles. La liste est longue…

Comme la WAZA est la principale organisation mondiale qui encadre les zoos et autres établissements similaires, elle devrait paver la voie et établir des normes et directives claires sur le bien-être des animaux pour ses membres, comme l’African Lion Safari, et les faire respecter avec une surveillance étroite. Selon ses directives, les membres ne doivent pas impliquer d’animaux dans les expositions, expériences ou spectacles interactifs, où l’animal adopterait un comportement dégradant et contre nature.

Hélas, nous avons appris lors des visites de nos équipes que, partout au monde, des sites liés à la WAZA ne suivent pas ces directives. Si c’est à l’industrie de s’autoréglementer, les gouvernements doivent clairement intervenir et assurer une surveillance indépendante afin de faire appliquer ses normes de bien-être animal.

Nous venons de publier un rapport, ‘The show can’t go on’ (en anglais), qui souligne la souffrance derrière les interactions entre animaux et visiteurs, comme les tours à dos d'éléphant et les spectacles à l’African Lion Safari.

Et que peut-on faire pour ces éléphants?

On peut faire mieux.

On peut éduquer le public sur les éléphants et leur conservation, sans les forcer à faire des tours et des spectacles. Nous demandons à l’African Lion Safari de ne plus offrir de tours ni de spectacles d’éléphants, car c’est contre leur nature, c’est très stressant pour l’animal, et c’est dangereux pour l’humain, comme le récent incident l’a prouvé. Aucun éléphant sauvage d’Asie ou d’Afrique ne vous laisserait l’approcher et encore moins le monter. Il doit donc être dressé à craindre l’humain avant d’accepter de se laisser monter ou d’obéir aux ordres.

Il existe des activités de tourisme animalier qui sont éthiques et sans cruauté. Par exemple, nous venons d’aider un camp d’éléphant en Thaïlande à devenir un parc totalement respectueux des éléphants. Les touristes peuvent y voir les éléphants dans un habitat naturel et les observer à distance sécuritaire. Cliquez ici pour découvrir ChangChill et sa transformation en site respectueux des éléphants.

Engagez-vous à faire du tourisme éthique envers les animauxPassez à l'action

Si vous avez d’autres questions ou commentaires sur notre campagne pour inciter l’African Lion Safari à arrêter les tours et spectacles d’éléphants, écrivez-nous à info@worldanimalprotection.ca.

Les zoos peuvent-ils bien soigner les animaux sauvages et répondre à leurs besoins?

Selon nous, le seul endroit pouvant entièrement répondre aux besoins physiologiques et psychologiques des animaux sauvages, c’est dans la nature. Or, les zoos sont tenus de répondre le plus complètement possible aux besoins des animaux dont ils ont la garde. Nous sommes contre l’exploitation commerciale des animaux sauvages en captivité à des fins de divertissement. Les zoos ne devraient jamais dresser d’animaux pour des spectacles, ni les forcer à interagir directement avec le public, ni en faire l’élevage ou la vente. Si certaines espèces sauvages s'adaptent mieux à la captivité que d'autres, leurs besoins varient d’une espèce à l’autre. De même, les conditions et niveaux de soins offerts varient d’un zoo à l’autre. Or, nous savons que les animaux sauvages dans les zoos vivent toujours une certaine forme de souffrance, aussi minime soit-elle. Mais nous savons aussi que les zoos peuvent jouer un rôle vital dans la conservation des espèces sauvages menacées. Nous voulons donc que les zoos concentrent leurs efforts sur les espèces à risque immédiat d’extinction et qu’ils consacrent la grande part de leurs ressources à les protéger dans leurs habitats naturels.

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