Les petits riens qui rendent les porcs heureux

12 mars 2018

Notre conseillère mondiale pour les animaux d’élevage, Sarah Ison, partage avec nous sa vision des porcs et ce qui leur fait remuer la queue.

Sarah travaille avec les porcs depuis 2006. Elle les a longuement observés et connait bien leur comportement, qui change selon le type d’aménagement et la taille de la ferme. Nous avons voulu savoir ce qui rendait le porc heureux et ce qui influençait son comportement.

Le porc a une intelligence sociale développée

Le porc est un animal très intelligent. Il peut accomplir des tâches complexes, travailler en équipe et élaborer des stratégies. Après des milliers d’années à côtoyer l’homme, il a développé une intelligence sociale similaire à celle du chien domestique.

Notre conseillère mondiale pour les animaux d’élevage, Sarah Ison, avec un porcelet. (Photo prise dans un lieu tenu secret, aux Union européenne)

Pour Sarah, le porc est un animal incroyable. Ce qu’elle préfère c’est sa personnalité unique, qui fait ressortir son intelligence sociale : « chacun a son petit caractère et ses petites manies, qui le rendent unique. Aussi, pour se sentir comblé, il a besoin d’une bonne dose de stimulation mentale et d’interactions avec ses semblables. »

Le porc a besoin d’un milieu aménagé

Il existe diverses formes d’aménagement qui favorisent la santé mentale et physique du porc.

Selon Sarah, « Le porc souffre pour plusieurs raisons. Les deux premières qui me viennent à l’esprit sont le confinement et le manque de stimulation mentale typiques des milieux stériles et sans aménagement, dans les fermes industrielles où il est élevé. »

Dans ces conditions, la truie (porc femelle) sombre souvent dans la dépression chronique et se met à gruger les barreaux de sa cage par frustration. Pour être rentable, elle doit donner naissance à d’énormes portées de porcelets à croissance rapide. Comme on contrôle son poids en restreignant sa diète, pour lui éviter des complications pendant l’accouchement, elle a constamment faim.

La semaine avant de mettre bas (d’accoucher), la future mère est transférée dans une cage d’acier, où elle restera étroitement confinée pendant et après la naissance. Normalement, la truie gravide (enceinte) prépare instinctivement le nid de ses petits, une activité impossible dans une cage de la taille d’un réfrigérateur moyen.

La truie s’épanouit quand elle est en liberté et qu’elle peut chercher elle-même sa nourriture. Cela stimule son comportement naturel. Un environnement stimulant produira aussi des grossesses plus saines, et donc des petits porcelets en meilleure santé.

Dans un environnement aménagé, où les femelles gravides peuvent chercher leur nourriture, se reposer confortablement, faire leur nid et jouer avec les matériaux comme la paille, elles peuvent se comporter selon leur nature et vivre sereinement. (Photo prise dans un lieu tenu secret, aux Union européenne)

Le porc aime jouer avec les matières, et ses préférences changent selon les différents stades de son développement.

« Pour la truie, la paille est la matière idéale. Quand il est impossible de lui aménager une litière de paille, on peut déposer de petits tas de paille dans des casiers ou des paniers suspendus tout près d’elle. Cela lui occupe l’esprit et imite ses habitudes alimentaires. Elle obtient ainsi une plus grande quantité de la nourriture dont elle en a besoin pour se garder l’estomac bien rempli pendant la grossesse. Le porc est un animal tactile : il aime explorer avec son groin. Alors tout ce qui lui permet de le faire le rend heureux. »

Variations du comportement

Nous avons demandé à Sarah de comparer le porc élevé dans le respect de son bien-être et celui qui est élevé dans de piètres conditions.

Elle a aussitôt répondu « ils sont absolument charmants à voir quand on les laisse vivre en groupe. Ils peuvent se détendre les uns près des autres et interagir entre eux. Ils ont aussi d’autres activités : ils sont libres de fouiller le sol et d’explorer leur environnement. Il est plus rare de les voir adopter des comportements anormaux, comme mâcher dans le vide et gruger les barreaux, à l’instar de ceux qui vivent dans les stalles individuelles. »

Ensemble, nous pouvons mettre fin à la souffrance des porcs. Faisons bannir les cages pour qu’ils soient élevés en enclos de groupe. Offrons- leur des matières à toucher pour qu’ils cessent de s’automutiler.

Ensemble, nous pouvons mettre fin à la souffrance des porcs. Faisons bannir les cages pour qu’ils soient élevés en enclos de groupe. Offrons- leur des matières à toucher pour qu’ils cessent de s’automutiler.

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