Les compagnons exotiques au Canada : on n’en veut plus, on s’en défait

15 octobre 2019

La plupart des propriétaires d’animaux sauvages sont bien intentionnés, mais pas toujours. Selon des refuges et des vétérinaires de partout au Canada, les gens les abandonnent parce qu’ils ne veulent plus en prendre soin

On garde des animaux de compagnie depuis des siècles. Les chiens, les chats et les lapins font de bons compagnons, réduisent notre stress et nous aiment sans condition. Or, on observe une nouvelle tendance inquiétante dans nos choix d’animaux, au Canada et dans le monde. Le désir de posséder des animaux non traditionnels fait croitre la demande en animaux exotiques, ou « compagnons exotiques », du perroquet au python, en passant par des espèces indigènes comme les tortues. En fait, on garde au Canada 1,4 million d’animaux sauvages comme compagnons.

Garder un animal sauvage à la maison comporte de nombreux problèmes, ce qui fait que l’attrait initial de ces animaux finit souvent par s’estomper. Reproduire l’environnement naturel d’un animal sauvage à la maison est complexe, couteux et demande des connaissances pointues. Les animaux sauvages souffrent en captivité. Le perroquet est très sociable, et seul en cage il souffre d’isolement et d’ennui, au point de s’arracher des plumes, de s’automutiler et de crier sans cesse. Les reptiles, supposément faciles à élever, requièrent un environnement et une diète très précis. Il faut tenir compte des facteurs d’espace, de chaleur, de lumière, d’hygiène et de diète.

Or, le marché des animaux exotiques fournit peu d’information sur leurs besoins particuliers, leur comportement complexe et le niveau de soins à leur donner. Il n’est donc pas surprenant que les gens les achètent sur un coup de tête : nos données montrent que c’est le cas pour 43% d’entre eux.

Passez à l’action

Le sort de l’animal dont on ne veut plus

La plupart des propriétaires d’animaux sauvages sont bien intentionnés, mais pas toujours. Les refuges et les vétérinaires de partout au Canada nous disent que bien des gens abandonnent leur animal exotique parce qu’ils ne veulent plus en prendre soin. En conséquence, ces animaux souffrent et meurent dans la douleur, par négligence et manque de soins adéquats.

Des histoires comme celles-ci n’offrent qu’un survol des nombreuses tragédies que vivent les animaux exotiques non désirés.

Attention : le contenu qui suit contient des images pouvant troubler certains publics.

Ce varan du Nil fut rapporté en piètre état par son propriétaire en C.-B. Il souffrait d’une grave maladie métabolique osseuse, due à une alimentation et des soins inadéquats. On l’a envoyé à l’hôpital vétérinaire Dewdney, où les vétérinaires ont passé huit semaines à tenter de le sauver. Mais l’animal était en si mauvais état et souffrait tant qu’il a dû être euthanasié.

Image et étude de cas Hôpital vétérinaire Dewdney, C.-B.

Cette tortue de compagnie est arrivée à la SPCA de Montréal en 2014. On a découvert qu’elle était négligée depuis des années. Elle était extrêmement faible et sa carapace était couverte d’ulcères, dont un si profond qu’il laissait voir un de ses poumons. En raison de sa condition médicale grave et douloureuse, la tortue a dû être euthanasiée. 

Image et étude de cas de SPCA Montréal.

Les autorités ont saisi ce caïman quand son propriétaire tentait de le vendre sur Kijiji, en C.-B. On l’a transporté à l’hôpital vétérinaire de Dewdney, où il a refusé de manger pendant deux semaines. Les vétérinaires l’ont radiographié pour découvrir un pommeau de douche dans ses intestins. Le propriétaire a refusé de donner sa permission pour l’opération, et l’animal est mort deux jours plus tard. Il est probable que le caïman était si négligé qu’il est mort à force de manger tout ce qu’il pouvait trouver.

Image et étude de cas Hôpital vétérinaire Dewdney, C.-B.

Un poids pour les refuges

Le grand nombre d’animaux exotiques abandonnés, saisis pour négligence ou trouvés errants impose un fardeau insoutenable aux refuges pour animaux et aux groupes de sauvetage au Canada.

En 2019, Protection mondiale des animaux et Humane Canada ont fait enquête auprès des refuges partout au Canada pour comprendre l’impact des animaux exotiques. Les statistiques démontrent clairement que les refuges sont inondés d’animaux exotiques et qu’ils sont incapables de répondre à la demande. L’an dernier, par exemple, le centre d’appels de la SPCA de Colombie-Britannique a reçu environ 700 appels liés aux animaux exotiques. 

Les refuges font leur possible pour les réhabiliter, mais expliquent que pour leur trouver une demeure adéquate, il leur faut beaucoup plus de temps que pour un chat ou un chien domestique. Nombre d’entre eux (18%) finissent euthanasiés par manque d’autres options.

Protection des animaux exotiques au Canada

Les animaux exotiques sont des animaux sauvages. Ils se développent mal dans une maison, où ils ne peuvent adopter leur comportement naturel. La faiblesse des lois au Canada permet à ce commerce d’exister.

Il faut faire savoir à nos dirigeants politiques que les lois au Canada doivent changer et protéger les animaux sauvages. Vous pouvez le faire en visitant la page de notre nouvelle campagne (anglais). Découvrez comment se classent les lois de votre province et écrivez au ministre responsable de la faune pour lui demander d’agir dans ce dossier.

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