La vie intérieure chez la poule : intelligence, maitrise de soi et empathie

24 mai 2016

La poule est le premier animal d’élevage au monde. Mais que sait-on du fonctionnement de son cerveau? De quoi est-elle capable et que ressent-elle?

Malgré les nombreux préjugés dont elle fait l’objet, la poule est en fait un être intelligent et sensible. Comme tous les autres animaux, elle mérite notre respect.

Une petite futée

On en apprend toujours plus sur les capacités cognitives des animaux, dont celles de la poule. Les chercheurs ont démontré que, si la poule attendait une grande récompense lors d’une tâche, elle pouvait en ignorer de plus petites. Elle peut se maitriser et attendre un repas plus substantiel. (Abeyesinghe et coll., 2005).

Ainsi, la poule est capable de prévoir et de prendre des décisions en fonction de l’avenir. D’autres études ont démontré que la poule pouvait faire la distinction entre différents humains (Davis & Taylor, 2001). Par ailleurs, les poussins de cinq jours ont déjà des notions d’arithmétique et peuvent compter jusqu’à dix (Rugani et coll., 2007).

Ces découvertes sont intéressantes, car elles se fondent sur des résultats scientifiques solides. Évidemment, bon nombre de ces aptitudes sont le fruit de la sélection naturelle. On peut donc se demander s’il faut s’en surprendre.

De l’empathie pour ses poussins

Les chercheurs en apprennent sans cesse sur les animaux d’élevage et la complexité de leur vie affective. L’empathie se définit comme la capacité à ressentir la détresse ou la douleur chez l’autre.  La recherche a démontré qu’une mère poule avait de l’empathie pour ses poussins quand ils sont en détresse (Edgar et coll., 2001). Cette empathie n’est peut-être pas exactement la même que chez l’humain, mais elle est bien réelle et l’affecte.

C’est important, car la poule est souvent témoin de la souffrance ou de la détresse des membres de son groupe.

D’après moi, le niveau d’intelligence d’un animal ne devrait pas dicter notre niveau de sollicitude envers lui. Si les animaux peuvent souffrir, c’est tout ce qu’il faut savoir pour leur offrir notre protection.

Or, ça n’est pas si simple. Selon les chercheurs, les gens sont attirés par les animaux « charismatiques ». Notre façon de voir les animaux est déterminée par le niveau d’attraction qu’ils exercent sur nous : grosseur des yeux, pelage ou non, ressemblance à l’humain (Herzog, 2010). Ça n’a rien de logique, mais c’est ainsi que fonctionne le cerveau humain.

Ces découvertes, et d’autres à venir, nous aident à établir un rapport avec les poules et à réaliser que leur bien-être est aussi important que celui de tous les autres animaux.

Nous travaillons à protéger tous les animaux d’élevage. Découvrez comment nous améliorons le sort de 70 millions d’animaux d’élevage.

Lecture recommandée

Abeyesinghe, S. M., Nicol, C. J., Hartnell, S. J., & Wathes, C. M. (2005). Can domestic fowl, Gallus gallus domesticus, show self-control? Animal Behaviour,70 (1), 1-11.

Davis, H. & Taylor, A. (2001). Discrimination between individual humans by domestic fowl (Gallus gallus domesticus). British Poultry Science, 42, 276-279.

Edgar, J. L., Lowe, J. C., Paul, E. S., & Nicol, C. J. (2011). Avian maternal response to chick distress. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences.

Herzog, H., & Foster, M. (2010). Some we love, some we hate, some we eat. Tantor Audio.

Rugani, R., Regolin, L., & Vallortigara, G. (2007). Rudimental numerical competence in 5-day-old domestic chicks (Gallus gallus): identification of ordinal position. Journal of Experimental Psychology: Animal Behavior Processes, 33(1), 21.

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