Dans le rapport 'Un plaidoyer contre la captivité des mammifères marins', nous présentons des preuves scientifiques et des arguments éthiques pour démontrer qu’il est inacceptable de garder des mammifères marins en captivité pour les exposer au public et divertir les touristes.

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Ce qu’on apprend

  • Les cétacés sauvages (baleines, dauphins) peuvent nager de 64 à 160 kilomètres par jour, à une vitesse de 48 kilomètres à l’heure, et plonger à quelques centaines de mètres de profondeur. Même dans les installations les plus vastes, ils vivent dans moins qu’un millionième (0,0001%) de leur habitat naturel.
  • Selon une étude publiée en 2014, l’épaulard mâle en captivité passe près de 70% de son temps sans bouger.
  • Les mammifères marins en captivité souffrent de nombreux problèmes de santé : stress extrême, comportement névrotique et niveau anormal d’agressivité.
  • Le grand dauphin risque six fois plus de mourir immédiatement après la capture, pendant son transfert entre deux sites.
  • Le taux de mortalité chez l’épaulard en captivité s’est amélioré au fil des ans, mais dépasse toujours celui de son confrère sauvage en bonne santé.
  • Le nombre de parcs aquatiques en Chine est passé de 39 en 2015 à 76 au début 2019.
  • En Asie et dans les Caraïbes, les enclos marins à dauphins sont très exposés aux ouragans et aux tsunamis, et endommagent l’environnement, entre autres, les récifs coralliens et les mangroves.

La captivité c’est cruel

Pour le mammifère marin, qu’il soit capturé à l’état sauvage ou issu de l’élevage, la captivité est source d’une immense souffrance physique et psychologique, de la capture, au transport, à la vie dans un petit bassin de béton.

En captivité, le manque d’espace inhibe son comportement naturel, comme une constante activité cardiovasculaire, la recherche de proies et la socialisation en grands groupes d’animaux étroitement liés.

« Les mammifères marins ne peuvent tout simplement pas s’épanouir en captivité. Ils chassent presque tous sur de vastes territoires, alors que la captivité les confine à des bassins de béton ou des enclos marins. – Naomi Rose, auteur principal du rapport et chercheur spécialiste des mammifères marins à l’Animal Welfare Institute (AWI).

L’épaulard est l’une des espèces les plus intelligentes de la planète. Cet épaulard n’a absolument rien à faire dans un petit bassin de béton en attendant le signal de son spectacle.

Le profit avant le bien-être

Les sites de mammifères marins priorisent l’expérience du public et la rentabilité plutôt que les besoins de l’animal. Les bassins sont conçus pour que l’animal soit visible; son confort étant secondaire. Et pour l’efficacité d’entretien, les surfaces sont lisses, contrairement aux textures des fonds marins.

Certaines installations présentent les mammifères marins dans des enclos marins plutôt que dans des aquariums traditionnels. Si l’enclos marin se rapproche des conditions plus naturelles, il entraine d’autres problèmes comme la pollution sonore du trafic maritime et de l’aménagement côtier, et la pollution physique des divers éléments terrestres comme le ruissèlement des routes et les eaux usées.

L’habitat des mammifères marins est difficile, voire impossible à recréer.

Mauvaises conditions de vie et souffrance physique et mentale

  • Les troubles liés au stress comme les ulcères, les comportements typiques comme le va-et-vient, l’automutilation et une agressivité anormale se développent souvent chez le prédateur qui ne peut chercher sa nourriture.
  • Le mammifère marin en captivité tombe plus souvent ou plus gravement malade que son homologue en liberté; on sait que le dauphin en captivité souffre d’infections qu’on n’observe pas chez le dauphin sauvage.
  • L’industrie de l’information manque de transparence sur les dossiers vétérinaires, et publie très peu d’études sur le bien-être dans les ouvrages scientifiques, bien qu’elle ait directement accès aux données.

Plusieurs sites permettent d’interagir directement avec des mammifères marins, par la nourriture ou les activités comme la nage avec les dauphins. Ces interactions posent un danger pour l’animal comme pour l’humain, en augmentant le risque de transmission de maladies et de blessures physiques, et le niveau de stress chez l’animal.

Cette posture pour une photo de touristes constitue un comportement totalement anormal pour un dauphin. Cette activité n’a aucune valeur éducative.

Une présumée valeur d’éducation et de conservation

L’industrie de la publicité justifie souvent l’idée d’exposer des animaux marins au public par la valeur éducative associée au fait de voir des animaux vivants.

Or, une étude a démontré que moins de la moitié des delphinariums analysés fournissaient de l’information sur la conservation ou du matériel pédagogique aux enfants ou aux enseignants.

On peut d’ailleurs réfuter que l’observation d’animaux en captivité fausse l’image qu’on se fait de leur vie. Par exemple, bon nombre des gestes du dauphin de spectacle qu’on associe au jeu ou au plaisir sont en fait des signes d’agressivité ou de trouble chez l’animal sauvage.

De même, on prétend souvent à tort que le fait d’exposer des mammifères marins joue un rôle précieux dans la conservation.

En réalité, moins de 5 à 10 pour cent des zoos, delphinariums et aquariums participent à des programmes de conservation, et la majorité des mammifères marins élevés en captivité ne sont pas menacés d’extinction.

En fait, la plupart des programmes d’élevage en captivité ne servent qu’à alimenter l’industrie de l’exposition ou du commerce en animaux vivants et créent le plus souvent une grande quantité d’animaux au bagage génétique douteux.

Dans le cas des delphinariums et des aquariums qui affirment participer activement à la conservation, il s’agit ni plus ni moins d’une stratégie de markéting ou d’un moyen de justifier l’importation d’animaux – surtout que l’écrasante majorité des espèces actuellement élevées en captivité ne sont ni menacées ni en danger, notamment les grands dauphins.

Pour plusieurs, la nage avec des dauphins représente le plaisir ultime, mais pour le dauphin, ce n’est qu’une routine. Les animaux sauvages ne tiennent pas à nous voir autant que nous tenons à les voir.

Entrevue avec Naomi Rose, auteur principale du rapport et chercheur en mammifères marins à l’AWI (en anglais)

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« Il y a autant de bénéfices pédagogiques à acquérir en étudiant des dauphins en captivité qu’il y en aurait à étudier le genre humain en n’observant que des prisonniers isolés. »

– Jacques Yves Cousteau, cinéaste environnemental et grand critique de l’observation du comportement des cétacés en captivité comme modèle pour comprendre ceux qui vivent à l’état sauvage.

Faune, au lieu de spectacle

Le rapport The Case Against Marine Mammals in Captivity s’inscrit dans une campagne mondiale qui vise à mettre un terme à la maltraitance et à la souffrance des animaux sauvages pour le plaisir des touristes.

Partout au monde, des centaines de milliers d’animaux sauvages sont piégés, mis en cage et forcés d’agir contre leur nature pour amuser les touristes.

The Case Against Marine Mammals in Captivity report is part of our global campaign to end the abuse and suffering of wild animals for tourist entertainment.

Around the world, hundreds of thousands of wild animals are trapped, confined and forced to behave unnaturally to entertain tourists.

Découvrez notre campagne Faune, au lieu de spectacle et ce que vous pouvez faire >

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